la manipulation du politiquement correct

Il y a, sur Terre, deux types de personnes : les bons et les méchants.
La frontière est simple et elle est délimitée.
Les bons ressentent de l’empathie et de l’amour pour les autres. Les méchants, non.

Ce qui paraît flouter la frontière entre le mal et le bien, c’est que les bonnes personnes font des erreurs.
Et que les méchants font semblant.

Les psychopathes, notamment, sont très forts lorsqu’il s’agit de manipuler les apparences.
Et de paraître parfaits en presque toutes circonstances.

Et dans la boîte à outils des manipulateurs, pour paraître parfait, il y a le politiquement correct.

Ah, le politiquement correct, cette arme absolue de l’apparence qui permet, via le langage, au manipulateur d’être un chantre des Vertus et un fléau apparent du Mal.
Quand la personne positive, dominée par ses émotions et parfois sa naïveté, n’aura pas une telle poigne de fer sur son langage, le manipulateur, oui.

Et il va ainsi utiliser cette arme à double tranchant pour s’offrir le plaisir de pointer autrui du doigt dès le premier faux pas et lyncher en masse et en réseaux sociaux. Au nom du bien bafoué, toujours.
Les Inquisiteurs torturaient pour les mêmes raisons.

Bien sûr, il y a de nombreuses circonstances où l’on doit garder sa capacité à être choqué par ce que l’on voit ou lit. Surtout en ce moment.
Mais pas aussi souvent que ce que le manipulateur voudrait nous faire croire. Et jamais au sujet d’un « écart » de langage, par exemple, qui pourrait être interprété de bien des façons et que le manipulateur nous vend de la façon la plus outrancière possible.
Parce qu’il serait ce défenseur infatigable de la morale et du bien…

Se montrer parfait ascendant zélé et déchaîner sa violence sur qui ne le serait pas, sont des pures caractéristiques manipulatoires.

Une personne positive n’a pas ce réflexe de pointer la moindre imperfection du doigt.
Elle cherchera plutôt à comprendre et, si possible, à excuser. Parfois un peu trop. Souvent à ses dépens.

Mais le manipulateur est aussi une victime professionnelle.
Or si les injustices sont monnaie courante dans ce monde et qu’il faut les combattre, ce n’est pas ce que fait le politiquement correct : c’est une police intolérante des apparences qui ne traite pas le problème mais aurait plutôt tendance à l’exacerber.
Car bizarrement, la perspective de s’en prendre plein la gueule pour le début de commencement d’un soupçon de quelque chose qui n’existerait que dans la tête de l’autre, ça braque.

Et au nom d’injustices réelles, le manipulateur, qui n’en n’a en réalité strictement rien à battre, comédien dramatique, joueur de football qui s’effondre à peine touché, va utiliser le politiquement correct à toute occasion susceptible de le servir – se déresponsabiliser, abattre un ennemi, faire parler de lui… -, se tenir ses fausses plaies et pointer l’assassin du doigt.

Quand les bonnes personnes, plus souvent les vraies victimes d’injustice, se battront sans drame pour faire évoluer le monde dans le bon sens.

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