les signes pour reconnaître un manipulateur II

[suite de l’article I sur le même sujet]

5. il ne supporte pas la critique

Mais alors pas du tout du tout.

Et dans notre monde moderne où le harcèlement en ligne existe vraiment, notre manipulateur va facilement reléguer au rang de « hater » la moindre personne qui aura l’affront de vouloir écorner son image en osant la plus minime critique, le moindre début de commencement de remise en question : l’adulation est de rigueur.
Si notre manipulateur est connu, il pourra alors entraîner ses fans au lynchage social, sans être le moins du monde gêné par le paradoxe qu’il y a à se poser en victime de harcèlement tout en l’encourageant sur autrui.

Pour donner un exemple concret, quand un gourou en bien-être et amour de soi a posté un papier sur lequel il avait écrit « Moi, toi et Dieu », une chrétienne qui était aussi une fan, s’est permis de faire remarquer en marchant sur des œufs qu’il était – peut-être ? – plus humble et mieux indiqué de se faire passer en ordre d’importance après Dieu. Apostat ! Fi !
Sus au mécréant et haro sur le baudet.
Le gourou a répondu vertement à sa fan qu’elle n’avait aucun droit de la juger et ses légions se sont alors jetées en masse sur l’innocente l’accusant de tous les péchés capitaux.
La fan qui avait seulement osé s’exprimer – ce que le gourou envisageait par ailleurs comme une des bases de sa doctrine – avait beau s’excuser, la chasse au traître était ouverte.

Car pour un manipulateur, il n’y a pas que le Pape, qui soit infaillible.

6. Il ne prend aucune responsabilité

Cela va avec le point juste au dessus, comme la chantilly avec les fraises.
Le narcissique n’est responsable de rien. C’est toujours la faute des autres. On n’a donc pas le droit de le critiquer. Ou de le juger, crime de lèse-majesté puni de la roue et du fouet.

Car l’ego, encore et toujours lui, protège son humain de toute émotion psychologique qui le ferait souffrir ou le mettrait en situation de faiblesse dans un combat à mains nues dans la boue.
(et on voit là encore comment le mode de pensée d’un manipulateur est décidément plus indiqué pour la jungle et est un frein pour une civilisation évoluée)

La responsabilité pourrait générer doute et culpabilité. La culpabilité pourrait le faire se sentir mal et le doute pourrait le faire hésiter avant de terrasser l’adversaire !
Ouch, à éviter.

La prise de responsabilité est ce qui nous permet, à nous autres empathiques, d’admettre nos erreurs et de nous améliorer.
Aucun souci, donc, pour le manipulateur : il est déjà parfait.

7. il est de mauvaise foi

Corollaire du point précédent.
Et c’est, pour le manipulateur, un exercice d’équilibriste que de renvoyer systématiquement la balle dans ton camp.
C’est aussi de la pure dialectique, cet art oratoire qu’on prise beaucoup trop dans les écoles de commerce ou en politique. Un art pas si compliqué que ça, pourtant, si j’en crois tous les enfants de moins de six ans et leurs argumentations à n’en plus finir pour obtenir ce qu’ils veulent.

Car gagner un argument n’est pas synonyme d’avoir raison.

Pour toi, qui es empathique et de bonne foi, c’est un exercice en gestion de la frustration que d’essayer d’avoir une discussion raisonnable avec un narcissique quand il est en faute… ce qu’il est la plupart du temps.
Il va alors savonner les planches, ne rien admettre, rebondir à l’attaque et t’en mettre plein la tronche. C’est un duel, une joute verbale et la meilleur défense, c’est encore l’attaque.

Si tu exploses et que tu finis par te mettre en colère, c’est tout bénef pour lui, et tu descends direct à la case 13 : la victime c’est lui, l’hystérique, c’est toi.

8. relativisme et pointage de doigt

Aucune personne empathique n’est parfaite. Elle a ses défauts, son passé, ses erreurs. Mais elle a de bonnes intentions. Et elle va essayer de s’améliorer.

Face à ça, le manipulateur, lui, n’a aucune bonne intention. En revanche, le masque qu’il porte l’oblige parfois à de bonnes actions. Argh, ce qu’il ne faut pas faire pour gagner son pain et sa dose d’adulation.

Les gentils vont mal agir et les méchants vont s’investir dans la générosité et l’humanitaire, parfois même en faire une carrière.

Ça ne change rien à l’essence de la personne, qui se révèle dans l’intention : le mal reste le mal quelque soit le masque et fait nécessairement des dégâts.

En revanche, cela va autoriser un relativisme de bon aloi qui va permettre au manipulateur de sortir de certaines situations où il est critiqué.
Et ça ressemble en général à ça :
« Oui, mais personne n’est parfait. »
« Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ! »
« Oui, mais Truc a fait ça, et Machin a dit ci… »

Ce bottage en touche sur les erreurs d’autrui, les Américains appellent ça du « whataboutism ».
Ce qu’on pourrait, nous, traduire par la technique du « oui, mais… ».

9. il ment au delà de ce que tu peux imaginer

Et j’en parle en détail dans cet article là.

10. il projette

C’est une particularité de sa mauvaise foi : son ego extrêmement fragile et son immaturité émotionnelle de gros bébé incapable de prendre aucune responsabilité va vous coller illico sur le dos ce qu’il est, lui, incapable d’assumer.

Ce qu’il vous reproche ? C’est ce qu’il est.

À suivre…

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