En 2015, j’avais aisément identifié Trump comme un sociopathe.
Pour qui a un modicum d’expérience avec ce genre de profil, ça crevait juste les yeux.
Non seulement Trump était clairement un sociopathe mais il faisait tout aussi visiblement partie de cette sous-catégorie de sociopathes avec l’option sadisme. Et le goût pour le crime en série.
Malheureusement pour l’humanité, il avait aussi, comme c’est souvent le cas pour ce genre de cas extrême, le charisme suffisant pour faire passer la pilule : un sourire éblouissant et un air pataud et innocent – admirablement copié par South Park – quand il lui venait l’envie, et elle lui venait souvent, d’endormir la méfiance de ses victimes.
Malheureusement pour nous, ce concentré de sociopathie a eu le droit absolu de prospérer dans un pays gangrené par la cupidité, une ambition absolument dénuée de conscience et l’absence totale de répercussions pour qui avait suffisamment de billets verts.
Et pour comble de l’infortune, ce pays, les USA, est aussi le plus puissant.
Quel contraste ambulant que ce pays des États-Unis d’Amérique, qui produit les meilleurs idéaux, les pires salopards et les idiots les plus dégénérés de cette planète.
En 2016, j’ai donc retenu mon souffle tout en regardant les news et les late shows d’Outre Atlantique, m’attendant au pire. Prenant régulièrement le pouls du malade pour jauger le danger.
Or, à ma grande surprise, vaille que vaille, le système a tenu.
À ma plus grande surprise, une élection et la loi ont réussi à déloger l’affreux de son repère à colonnades en 2020.
Mais on ne punit pas les riches, aux USA.
Où les gens croient vaille que vaille, en dépit de ce qui est écrit dans la Bible, que ceux qui sont en haut de la pyramide – la franc-maçonne qu’on retrouve sur les billets ? – n’y grimpent que parce que dieu les aime.
Et ce dieu, que j’écris ici intentionnellement sans majuscule, ressemble bien plus à Moloch qu’à celui dont nous a parlé Jésus.
Est-ce que c’est pour ça que les élites pédophiles « made in USA » sacrifient le corps et l’âme de milliers d’enfants ? En tout état de cause, quand on voit à quel point les caméras étaient visibles, chez ce cher Epstein, on peut se poser la question d’un rite de passage, avant l’acceptation dans un club aussi pourri que fermé. Une sorte de franc-maçonnerie sous stéroïdes.
Car oui, ami empathe, pétri de bon sens, tout est possible pour qui s’est amputé d’une conscience pour mieux caracoler sur son canasson égotique nourri aux péchés cardinaux. Un sociopathe ne se met pas de limites. Il avancera, pas après pas, génération après génération, sur un chemin de plus en plus sombre. Jusqu’au Karma.
Quoi qu’il en soit, et quel que soit le dieu prié dans le secret du cœur des élites américaines, depuis des dizaines et des dizaines d’années, ces mêmes élites ont baigné la population dans une propagande qui associait le rêve américain au tas de pognon que chacun était capable d’amasser.
Et c’était bien le problème de toute une population que de ne pas se voir exploitée mais de ne s’imaginer qu’en tant que futur millionnaire. Le « rêve américain » est, avec la « théorie du complot », parmi les expressions qui sont dans mon Panthéon personnel de la manipulation psychologique de masse.
Et aux USA, on a un culte du pouvoir et de l’argent tellement ancré dans les gènes, qu’il était presque impossible à l’inconscient collectif d’envisager qu’un ex-milliardaire doublé d’un ex-président puisse être mis en prison.
C’était juste contre nature.
Et donc… Nous y revoilà.
Quatre ans plus tard, une masse d’imbéciles crédules et de sociopathes haineux, pour des raisons hypocrites ou contradictoires, ont réélu le monstre charismatique.
Sauf que cette fois, le tueur aux dents blanches – « c’est pour mieux te manger, mon enfant ! » – a décidé de se faire plaisir.
Et ce qui me fatigue le plus, en cette aube de l’an 2026, c’est la bêtise de notre pauvre humanité.
Qui n’apprend qu’en rentrant dans le mur.
Qui ne sort de la bouteille qu’en cognant au préalable sur toutes les parois.
À ce titre, les États-Uniens dont Churchill disait qu’ils ne se résolvaient à bien agir qu’après avoir essayé tout le reste, sont bien un triste concentré de cette pathétique humanité.
Pourquoi ?
Parce que les sociopathes vivent dans une réalité alternative créée par leur égo dont ils ne sortent qu’à coups de baffes dans la gueule, de famine ou de bombardements.
Et que les imbéciles suivent le mouvement de foule le plus entraînant.
Un mouvement de foule en général accompagné par les médias, chiens de bergers toxiques, dans leur immense majorité aux mains d’intérêts privés et de milliardaires, qui violent hardi petit le vocabulaire pour altérer la réalité, jouer avec nos émotions et nous faire gober n’importe quoi.
Et dans ce mouvement moutonnier général vers la falaise, il semble que ceux d’entre nous qui sommes munis à la fois d’un nombre adéquat de neurones et d’une certaine mesure d’empathie, nous nous échinions en vain à crier dans le vide.
Pour le plaisir assez discutable d’avoir eu raison à posteriori.
J’imagine maintenant ce que les Allemands de bonne volonté ont dû ressentir dans les années trente.
En novembre 2024, ma consolation a été de penser que les Américains avaient visiblement besoin de mettre collectivement leur nez dans la merde. Qu’ils continueraient à agir contre leurs intérêts jusqu’à ce que l’évidence leur soit balancée dans la gueule.
L’humanité a du mal à réparer gentiment les dégâts au fur et à mesure. Ou à évoluer. Elle ne sait en général que reconstruire sur un champ de ruine.
Aujourd’hui, confrontés au Golem de leur pays et de leur président, les États-uniens, me semble-t-il, ont le choix entre révolution, guerre civile ou guerre mondiale.
Auront-ils le courage de prendre leur responsabilité à bras le corps et à affronter la gangrène morale nationale ?
Ou vont-ils forcer le reste du monde à leur donner une leçon en bonnes manières ?
Quand je lis les commentaires de ces braves gens d’Outre Atlantique, pourtant nourris à l’illusion de leur supériorité en tout, demander aux autres pays de les sauver d’eux-mêmes… Quand je me souviens du documentaire de Michael Moore, qui expliquait à quel point ses compatriotes étaient des pleutres qui s’armaient pour avoir moins peur…
Je me prends à douter que la solution vienne de l’intérieur.
Mais je me console en pensant qu’il y a encore une ultime possibilité : que cet empire en fin de course, qui vient officiellement d’abdiquer toute prétention au bien dans ses guerres impérialistes à la poursuite du pouvoir et du pétrole, s’effondre sur lui-même, comme un vieux soufflé.
Ou coule, comme le Titanic.
Et je prie pour que les remous causés par le naufrage de ce géant entraînent un minimum d’entre nous dans son sillage.