Angoisses sur la pampa. Mon arrivée à Buenos Aires Part 2.

(Suite de la Part 1)

Le deuxième jour, certaines choses s’arrangent : notamment le nouvel appart- hôtel qui a maintenant une vue dégagée sur la Rural (à force de les entendre, je savais par cœur les airs du fameux Opera Pampa) et le Zoologico, deux chambres et une cuisine dont la taille dépasse – cette fois – celle de la boîte à chaussures.

Calabaza de mate

Typique pour boire le maté ici. Vous pourrez remarquer que c’est le même décor de fond que pour le bock de café StarBuck : ceci est un blog à petit budget.

Mais elles deviennent nettement plus folkloriques pour le reste : des paysans en colère ont mis le feu à la pampa et la ville nage dans une épaisse fumée âcre qui ne permet pas toujours de voir à plus de deux mètres mais témoigne à coup sûr du goût un peu trop prononcé des Argentins pour le barbecue.
En tout cas, on a mis un peu de temps avant de profiter de la vue dégagée depuis la chambre…

Mes parents, au su des rares informations depuis la France, qui ont cru qu’il s’agissait de fumées toxiques et qui ne savent pas comment nous joindre, paniquent et harcèlent à notre insu le quai d’Orsay et l’Ambassade d’Argentine en France : les Argentins sont en train d’enfumer leur unique petite fille comme un asado porteño!
Que font les secours ! Que prévoient les mesures de rapatriement ?

Jolie vue

Jolie vue d’un 14ème étage, le 12 avril 2008, un jour de colère de paysans Argentins.

Jolie vue

La même, quand ils ont arrêté de mettre le feu au campo.

Pendant que de notre côté, nous trouvons rapidement un appartement qui nous plaît : les personnes de l’agence, pour nous appâter, nous promettent tout ce que l’on souhaite.
La lune, l’infini et l’au-delà…
Les magnifiques antiquités du propriétaire peuvent rester, l’appart sera libre dans les 15 jours, nous allons vivre au dessus d’une star de la chanson, tout est négociable. Si señor, si señor, si señor.

Au final, il a fallu se battre pour signer le contrat parce que le proprio ne voulait QUE des dollars et que les RH ne voulaient pas de compromis sur un paiement en pesos (nous avons donc dû nous engager personnellement sur la différence de taux de change : assurer mon bonheur a quand même ses limites nom de nom !) ; l’appart a été libéré seulement deux mois et autant de room-service plus tard, le proprio a tout vidé du sol au plafond à l’exception de quelques vieilleries dont il n’a pas voulu affliger les cartoneros ; et la star de la chanson (Shakira, tout de même !) s’est avérée n’être que la marraine de la petite fille du second.

Pendant deux ans, mon mari aura finalement espéré en vain se retrouver collé-serré dans notre petit ascenseur – idéal pour l’occasion – avec la célèbre bombe latina.
Au prix que nous aura coûté cet appart au grand moment de la hausse du dollar, ceci aurait pourtant pu compenser cela !

Et maintenant que toute la famille du dessous vient finalement de déménager, il devra se contenter comme souvenir d’avoir partagé ledit ascenseur avec le grand-pater familias, ex président argentin : tout de même beaucoup moins intéressant pour se la jouer auprès des potes en France !
Et puis chez nous, qui connaît de La Rua dont le fils aîné a été jusqu’à récemment le petit ami de la belle chanteuse et dont la fille a donc habité en dessous de chez nous pendant deux ans (je résume stratégiquement pour ceux qui n’auraient pas suivi…) ?

Fin du JOUR 2 déjà…
… et déjà beaucoup de texte !

Alors je vais passer sur mes déboires des quinze jours suivants, avec une petite fille qui ne mange plus que des Oréo et du riz au parmesan, sur mes déconvenues avec une certaine marque célèbre de couches qui sentait alors ici le désodorisant pour toilettes, sur mes histoires amour-haine avec le Carrefour version Argentine, ou le vol de ma bague de fiançailles dans un célèbre café, dont mon mari boycotte aujourd’hui encore toute la chaîne (pour rester dans le vocable joaillier…).
Et passer aussi sur mes quelques rares coups de foudre – tout de même – de début de séjour : pour les sushis de Puerto Madeiro ou le cappuccino aromatisé. Je sais, je suis obsédée par la bouffe.

Aujourd’hui, heureusement, la tendance de départ s’est largement inversée et je ne compte plus les motifs de satisfaction pour avoir choisi de venir vivre – fût-ce brièvement -, dans cette ville d’Amérique du Sud.

Et je vous souhaite donc à toutes et à tous de vous plaire autant que moi à Buenos Aires.

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