F comme… Flam

J’avais tout récemment une discussion avec un ami, comme quoi on était toujours en train de courir après le temps.
Et c’est vrai que dans ce terrible monde moderne, béni en tout ce qui concerne les avancées médicales (merci ô providentielle péridurale !) mais maudit pour tout ce qui est respect du rythme naturel, on est tous pas mal en situation de stress.

En ce qui me concerne, j’ai pourtant presque élevé la flemme au niveau d’un art : mon « mariquej’aime » m’appelle affectueusement « l’Inutile » et si on me pose dans un coin avec un livre, on peut rapidement me confondre avec une plante verte. Sauf quand vient l’heure des repas : je suis beaucoup moins économique et beaucoup plus vorace.
Et, pourtant, oui, même moi, j’ai du mal à éviter le stress omniprésent.

Poubelle de Davron

Instinct maternel, mon œil.

Écrit sur l’air de la Reine de la nuit !

La plupart des gens parlent de l’amour maternel comme d’une affaire allant de soi.
Pour ce faire, on lui colle même l’étiquette "d’instinct maternel", comme si un flot d’amour venu d’ailleurs devait vous envahir au premier coup d’œil sur le nouveau né vagissant.
Vaste blague ou complot collectif dans le but de préserver l’espèce, je ne saurais dire.

Coeurs (c) by Nexus http://www.flickr.com/photos/nexus_6/316331005/

En ce qui me concerne, à chaque fois qu’on m’a présenté – en plein milieu d’une césarienne, il faut dire, soit une demi heure pour la France, deux heures version argentine – un nouveau né rouge, pas content de sortir de son milieu aqueux et couvert d’humeurs plutôt extra-terrestres, ma première pensée a été un truc du genre :
"Ok, je l’ai vu. Maintenant recousez moi, s’il vous plait."

Et même si j’ai finalement ressenti le-dit flot d’amour assez rapidement (quand ma fille a ouvert grand les yeux la première fois qu’elle a entendu ma voix, en néonat, le lendemain de l’accouchement, je me souviens encore de l’effet "coup de point dans les tripes"), l’amour maternel, à mon avis, ce n’est pas du tout cuit.

Et je pense à Madame Filliozat.

Fille ingrate

Je viens d’avoir une autre des mes délicieuses conversations mère-fille hier et j’aimerais bien savoir comment les autres que moi gèrent sereinement, et même agréablement, leurs relations avec celle qui leur a donné le jour.
En effet, quand j’entends parler de filles de mon âge qui appellent leur maman trois fois par jour et par plaisir, je le confesse, ça me laisse un peu rêveuse.

Mère-fille

Admirez la mise en scène ! Les décors sont de Rogert Harth et les costumes de Donald Cardwell.

À vrai dire, c’était un peu mon cas jadis, et je me souviens encore des jérémiades, voire des apoplexies de mon père – plus attaché à ses sous qu’à sa progéniture –, quand il recevait ses notes de téléphone, du temps de mes études aux États-Unis. Mais c’était autrefois, avant la Grande Rupture de 1992 (et ouais, ça ne nous rajeunit pas) quand j’ai bêtement décidé, à l’âge de vingt deux ans, qu’il était temps pour moi de vivre ma vie. L’inconvénient d’une mère fusionnelle c’est qu’elle comprend mal votre souhait de grandir et le prend assez vite comme une trahison doublée d’un affront personnel.
Et le désavantage d’être née une année en zéro, c’est que tout le monde calcule votre âge beaucoup plus vite, sans vous laisser le temps de vous ajuster à la maturité qui s’impose et que vous n’avez – hélas – pas vraiment vue venir.

Mon pédiatre et la finance

Avertissement préalable autant que nécessaire : je me rends compte que cela fait un certain temps que je me plains à longueur de lignes, de la difficulté d’élever des enfants. Mon propos est bien évidemment de mettre en avant les difficultés du boulot de parent, difficultés que je n’avais jamais envisagées aussi grandes avant d’être plongée, sans réelle sommation ni formation, dans le grand bain. À moins qu’on ne considère comme formation, les deux minutes que prend la sage femme à la maternité pour vous expliquer comment on colle une couche. Mais je tiens à préciser toutefois, que, comme la possible écrasante majorité de mes concitoyens, je suis bien évidemment convaincue de ce que mes rejetons sont les futures treizièmes et quatorzièmes merveilles du monde, respectivement. En tout cas, avec leur coopération plus ou moins active, je m’y emploie…

Et après quelques déboires à notre arrivée sur Poissy avec un binôme de pédiatres qui a refusé, en dépit de son serment d’Hippocrate, de prendre en urgence mon bébé en consultation sous prétexte que nous étions des nouveaux patients (le fait que nous débarquions d’Argentine et disposés à devenir des patients fidèles et reconnaissants n’a rien changé à l’équation mercantile), nous avons finalement trouvé un adorable pédiatre près de chez nous.
Homéopathe et prescrivant des suppositoires aux huiles essentielles.
« Ah ouaiiiiiiiiiiiis » dit mon fils de vingt mois quand il voit le petit missile à l’eucalyptus, et ça laisse le Jules assez perplexe.

Homéopathie

Heureuse maman d’une princesse magique et d’un viking malicieux.

Albert Uderzo et mon grand-père

Apparemment, chacun et tout le monde a ses raisons de trouver sa propre famille insupportable.

En Argentine, dans la communauté expatriée, la statistique ne me paraissait pas étonnante : mettre quatorze mille kilomètres entre la mère patrie et soi, c’est encore la façon la plus sûre, la plus déterminée et la plus visible de garder ses « proches » à distance.
Mais mes amis français en France ont, semble t-il, dans leur immense totalité, le même fardeau familial à se colleter. À deux ou trois nuances près.

À croire qu’il n’y ait dans ce bas monde que Vanessa Paradis, si j’en crois mes souvenirs de ses interviews, pour s’estimer heureux de sa parentèle.
Et à en juger d’après le mari que Madame Depp s’est dégotté, il y en a vraiment que le karma favorise…

Famille playmo

Famille traditionnelle française, avec son quota d’Argentins (ceux qui ont du soleil et sont plus bronzés), de pilotes d’avion (je les adoooooore, surtout quand je leur dis au-revoir) et de sorcières des mers (au fond à gauche). Ceci est définitivement un blog à petit budget.

Mon retour à la terre : commandes par internet

Dans l’excellent cinquième album « Retour à la terre » de Jean-Yves Ferri et Manu Larcinet, le héros, perdu dans le fin fond de la campagne, près du village des Ravenelles, se sent un jour l’envie subite de se commander via la Redoute un poncho de la ligne « Florent Pagny », en pure chèvre de patagonie.

Et c’est vrai que Monsieur Pagny a une maison en Patagonie près de Valdes. À vrai dire, si j’en crois le Jules, qui y a passé quelques jours pour voir les baleines, il y possède même toute une péninsule. Et dans une station essence des environs, le pompiste lui a d’ailleurs bienveillamment parlé du « fou français ».
Voire.
Notre chanteur national à éclipses m’a tout l’air d’avoir bien mené sa barque s’il est en mesure de se payer l’équivalent d’un département en Argentine. Et sous la torture, j’avouerai même aimer certaines de ses chansons (à la foliiiiiiiiiiiie quand en plus dans les clips il y a des images de là bas ).
Mais il faut dire que les Argentins ont toujours tendance à se demander ce qu’on vient faire chez eux quand on pourrait habiter dans du Haussmannien.

En tout cas, mon poncho à moi, il ne vient pas de la Redoute : j’en ai ramené un authentique de là bas, tricoté par les Mapuches du côté de Bariloche.
Et je le porte glorieusement, mon poncho, pour aller chercher ma fille à l’école. Mon beau-frère s’est bien marié en kilt après trois années passées en Écosse (j’ai vu les photos), je serais pas la première de la famille à donner dans l’ethnique.

poncho

La dérive

Autant je suis vraiment admirative (et pas mal envieuse) des parents dont les enfants mangent naturellement des légumes, autant je deviens de plus en plus suspicieuse devant les ouvrages sensés nous aider à en faire avaler à notre progéniture « à l’insu de son plein gré ».

Ceux qui ont écrit ça n’ont visiblement pas pondu le même modèle que moi : celui qui arrive avec le radar hypersensible à la vitamine déjà intégré.

Vitamine C

Rescapée.

Comme un mois de novembre en France / concours Cosmo

Je viens de lire dans un récent article sur la petite déprime ou la grosse fatigue de novembre, que quelque chose comme quatre vingt pour cent des français manquent de vitamine D quand viennent les premières gelées.
La vitamine D, c’est celle qui nous est généreusement offerte sous d’autres latitudes par notre ami le soleil.

Selon un test opportun dans ce même dossier (parti du fait que le gouvernement veut aider les mères qui travaillent, toutes semble-t-il au bord du burn-out), je suis contente d’apprendre que je n’en suis encore qu’au stade de fatigue légère : j’ai donc encore de la marge.

Escargot davronais

J’aurais pu vous mettre une petite vue des toits de Davron, mais je comprendrais que ça lasse. À la place, voici donc une photo qu’a prise le jules, haut-marnais donc moitié bourguignon, d’un escargot qu’il a laissé passer sans manger (j’ai pourtant la sauce idoine au congélo). À prendre comme une allégorie, je vous laisse décider de quoi.

La fin des vacances de la Toussaint

Il y a dix jours, je n’avais pas mis de post « d’arrêt provisoire pour cause de vacances » : il y avait certes les vacances mais je pensais naïvement qu’en restant à la maison avec mes deux enfants, je trouverais malgré tout le temps de publier régulièrement.

Vous avouerez qu’il est tout de même rafraîchissant qu’après cinq années de maternité à un enfant et surtout, – points comptent triple comme au scrabble -, avec un an et demi de maternité à deux têtes de mômes, j’entretienne encore de telles illusions…

Tours de vaisselle vues d'en haut

Vaisselle du premier mariage du Jules, à vendre, très bon prix. Explication plus loin.

Revendications de la ménagère de moins de cinquante ans.

La première fois que j’ai entendu cette appellation de « ménagère de moins de cinquante ans » , chère au cœur de nos amis publicitaires, elle m’avait fait ricaner : j’étais très loin de me sentir concernée.
Mais maintenant que je me retrouve en plein dans la cible, elle me ferait plutôt rire jaune.

Parce que oui, je comprends à présent pourquoi lesdits publicitaires s’en prennent à nous, mères à plein temps ou ménagères à mi-temps : après plusieurs heures de boulot casanier, ils jouent sur du velours pour nous convaincre d’acheter des trucs en packs, en lingettes ou en tubes ou quoi que ce soit d’autre qui mette la planète et les ours blancs en péril mais qui nous permette de gagner trois secondes.

On ne parle pas assez du burn-out de la femme au foyer…

Vaudou ménager