La licorne rose invisible

planter un arbre – Trump forest

8 septembre 2017

 

A mon avis, plus on est intelligent ou plus on s’obstine à réfléchir et plus il est difficile de maîtriser une attitude positive.

« Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche » a dit Audiard. Et il a bien raison.
Car un mec qui réfléchit va se mettre automatiquement à envisager le pire et empiler les justifications pour ne pas bouger. Un cerveau livré à lui même tricote les plus macabres possibilités et je ne vous raconte pas le bonheur de voyager avec mon fils depuis qu’il est en âge de s’exprimer.
« Papa, tu as pensé à prendre de l’essence, je sens qu’on va tomber en panne. Est-ce qu’on va crever un pneu ? Papa, qu’est-ce qui se passe si on perd un pneu ? Est-ce que le vent peut renverser la voiture ?… »
Je n’ai pas encore essayé le périple en avion dans ces conditions, mais compte tenu d’une légère phobie latente, j’ai l’impression que mes nerfs pourraient en pâtir…


Tout ça pour dire qu’à partir du moment où l’on sent travailler ses neurones, il est difficile de baigner dans la conviction naïve que tout va forcément bien se passer.
Et que cela devient quasi impossible quand on décide de se tenir informé. Ce qui est toujours une tentation ridicule, du reste, lorsqu’on a le travers d’aimer comprendre ce qui se passe et qu’on ne compte pas sur autrui pour filtrer l’indispensable connaissance sur le dur monde qui nous entoure (j’ai quand même traversé mes périodes « tant que mon mari, ma sœur ou le voisin ne me parle de rien, c’est que la planète fonctionne, aucune raison de s’affoler, continuons de planer »).
Mais à partir du moment où l’on décide de lire, d’écouter ou de regarder les infos, on plonge illico dans un grand bain d’eaux noires, bouillonnantes et flippantes.

Il y a bien, ça et là, quelques notes d’espoir, notamment sur l’héroïsme des personnes confrontées aux catastrophes, mais elles ne sont pas à la mesure des nouvelles qui vous donnent envie de rester dans votre lit. Avec un bon bouquin de préférence non contemporain.

Ma réaction à moi, entre benoite naïveté et sombre cynisme, pour me motiver à assumer mon quotidien au même titre que mon prochain, a donc été de cultiver la positivité.
C’est un muscle. Ça requiert un peu d’effort.
Un effort auquel mon fils résiste jusqu’ici avec obstination (je voyage demain en voiture, priez pour moi !).

Un effort que certains, dont je souhaite parler ici, font avec une bêche.
Car tout récemment, je me suis retrouvée à pleurer des larmes de bonheur (je pleure assez facilement quand c’est bon, beau ou Bambi) devant la vidéo de cet homme qui a planté un arbre chaque jour de sa vie en Inde depuis des dizaines d’années et aura, au final, à lui tout seul replanté une forêt.
Il y a des gens qui déforestent, pillent ou saccagent dans le bruit des médias affolés.
Mais dans le silence du cœur, il en est encore qui recréent un jardin là où il n’y avait plus rien.

« Pour réussir sa vie, un homme doit faire un enfant, écrire un livre et planter un arbre » paraît-il. Et si écrire un livre prend du temps (arriver à le faire publier plus encore, visiblement…), faire un enfant n’est pas toujours évident (et c’est sans parler de réussir à l’élever correctement…), planter un arbre, voilà qui est à ma portée.
Surtout quand, sur ce site-là, on le fait avec moi. Plutôt que de protester contre Mr Trump, créer une forêt en son nom, quel pied de nez ! Quel pied tout court, quelle géniale idée !

Plantons tous un arbre, mes amis !
Un arbre pour protester, un arbre pour faire quelque chose de concret, un arbre pour ancrer les racines de sa positivité, un arbre pour arrêter le vent des tempêtes, un arbre pour aider la nature à se reformer.

Un arbre pour respirer.

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