Réflexions canines.

Vous vous souvenez du dessin animé « les 101 dalmatiens » ?
Le passage où les propriétaires de chiens ressemblent à leur compagnon à quatre pattes ?

Et bien en ce qui me concerne, je crois que si je devais être un chien, je serais un labrador, dans sa version trop sympa, et trop soucieux d’être agréable.
Très souvent je me dis que j’aimerais mieux ressembler à un braque de Weimar, fin, racé, élégant, sûr de soi, distant et un brin arrogant mais rien à faire, mettez moi dans un groupe de congénères et me voilà qui allume la pupille et frétille du museau (je n’ai pas dit « du croupion », restons corrects).

Upie

Upie (prononcer Youpiiiiiii !), le labrador de ma sœur.

Mais tout cela ne serait rien si je n’habitais pas en France.
Parce qu’ici, honnêtement, j’ai très souvent le sentiment que le fait d’essayer d’être sympa me met vite dans le camp des gourdes et que le fait de vouloir être positive malgré les inévitables coups de mou et autres coups durs me classe plus précisément dans la sous-catégorie des niaises incurables.

En plus, à ces deux défauts incurables, au pays du système D, j’ajoute l’ineffable stupidité d’être foncièrement honnête : le genre de nouille qui va faire remarquer à la boulangère qu’elle a trop rendu de monnaie.

Et je cèlerais mon sort et mériterais le pilori, si j’osais de surcroît révéler que je crois en Dieu, dans un coin du monde où raison est synonyme d’athéisme.
J’ai du reste prévenu ma fille : « ta mère croit à Dieu, au destin et aux anges mais ne vas pas trop en parler à l’école, on te regarderait avec le même apitoiement que si tu déclarais encore croire au lapin de Pâques. Et ta mère passerait à coup sûr pour une cloche ».
Pour autant, et pour que ma crédibilité à son égard ne prenne pas un jour un coup trop fatal, je n’ai jamais fait croire à ma fille au père Noël : j’avais trop craint que vers six ans, âge des révélations, ma fille jette du même coup aux orties tous les habitants de la crèche, pour les remplacer par les tristes réalités d’ici, chômage en tête.
Terrible boîte de Pandore décidément que ce pays, où même l’espoir est réservé aux naïfs.

Mais bon, dans ce même hexagone, où, de retour après trois années d’expatriation en Amérique du sud, les gens me paraissent plutôt tristes, je me console en me disant que la foi, l’optimisme, la gentillesse et l’honnêteté, l’un dans l’autre, ça aide plutôt à être heureux.
Foi de labrador.

2 réponses sur “ Réflexions canines. ”
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