J’pète la joie

(spéciale dédicace pour Célia)

Le Jules me faisait la remarque, récemment, que cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit d’article exclusivement drôle. Que mes sujets étaient depuis quelque temps un peu trop sérieux .

Et c’est vrai que les occasions d’une franche poilade, pour une mère au foyer campagnarde, sont somme toute assez rares. « Mouaahaah, j’ai attaché les nouilles Picard au fond de la poêle ! »
« Mouaaahhhaaaahhhh, j’ai mis de la boue partout sur le lino après mon tour dans les petits chemins du coin ! »
Non.

Les occasions de sourire, heureusement, sont plus nombreuses, comme hier où ma fille, s’inquiétant pour le sort de la biquette locale qu’on ne voit plus depuis un certain temps, se met à pleurer en forçant un peu le trait.
Et qu’un des moutons du pré d’à côté, croyant qu’elle s’adressait à lui, s’est mit à lui bêler énergiquement une réponse.

Vue des toits de Davron sous le soleil

Le soleil revient ! Une bonne raison de sourire !

Plus tard dans la soirée, au repas, ma fille qui a tout du pinson et qui chante très bien, s’est ainsi mise tout soudain à entonner « Y a d’la joie » et à saluer les hirondelles. Elle avait appris la chanson à l’école.
Une autre bonne occasion de sourire !

Et comme j’ai voulu faire la maman pédagogue et impliquée, j’ai cherché sur Youtube le titre interprété par Charles Trenet tout en discourant à l’envie sur celui qui fut un grand chanteur français.
Il faut le savoir, quand on élève des enfants, qu’on les nourrit, leur assure un environnement à peu près hygiénique (pour y prétendre vraiment, il faudrait encore que j’aspire la boue d’hier sur le lino), les lave, leur brosse les dents, les habille, les écoute, les soigne etc… il nous reste en général assez peu de temps pour souffler et passer tranquillement du temps avec eux.
En tout cas, en ce qui me concerne, quand je trouve du temps pour souffler, j’aime à pouvoir respirer un peu à l’aise sans être collée par l’un d’eux. Et c’est spécialement difficile avec le petit dernier qui a tout du pot de glu (à l’exception des occasions où il peut aller draguer une autre maman) et ne va pas encore à l’école.
Du vent, les mômes !

Mais bon, hier soir, j’ai eu mes bonnes cinq minutes de maternité généreuse et compréhensive et je suis donc allée surfer avec ma fille sur Youtube. Il m’arrive occasionnellement d’être une mère ex-em-plaire.
Et là, que vois-je ? Un charmant petit ectoplasme vert avec le titre « Y a d’la joie » collé dessous.
Monsieur Trenet chantant un peu vite pour que ma fille puisse suivre le rythme, on va donc voir ce que permet le dessin animé, que j’imagine par avance charmant et primesautier, tout à fait dans l’esprit de la soirée…

Fatale erreur, comme disent les ordinateurs ! Voilà que le petit machin vert se met traîtreusement à entonner des « j’pète la joie » à hue et à dia et à parler de son intestin grêle, en lieu et place des hirondelles.
Ma fille de cinq ans qui est déjà en pleine période scato et teste constamment ses limites sur les gros mots, a chopé assez vite le refrain et je me suis mise simultanément à lui remplir les oreilles de « oublie oublie, oublie, oublie » frénétiques, en comptant sur la bénédiction d’une amnésie partielle.
Pourvu pour que mon initiative ne revienne pas aux oreilles de sa maîtresse !

Et au temps pour mon quart d’heure pédago….

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