Le bonheur est à la télé

Cela fait donc quatre ans et demi que nous sommes déconnectés de la télévision puisque cela fait quatre ans et demi que nous sommes connectés à un enfant et que nous avons fait le vœu, pour lui, de nous désintoxiquer de la chose cathodique. Ça a été dur, vous pouvez me croire. Surtout de ne plus sniffer ma dose hebdo de NCIS.

Mais ce pilier pédagogique numéro un, en acier trempé et structure bétonnée n’a absolument pas vacillé sur ses bases depuis.
En tout cas, pas pour nous, les adultes.

Field by Sudeepuk (c) http://www.flickr.com/photos/sudeepuk/127023579/

Pour la progéniture, il a, il faut l’avouer, un chouïa trembloté.
Pas de télévision JAMAIS. Oui, mais, les DVD sur l’ordinateur, on ne peut pas considérer ça comme de la télé. D’ailleurs, le petit dernier, a eu la collec’ complète des Baby Einstein dès ses huit mois. C’est pas pareil, comme son nom l’indique, c’est éducatif.
Et puis le câble, ce n’est pas non plus à proprement parler la TV. Surtout Disney Channel. Et quand on est malade, on a droit. Quand les parents sortent aussi, on a droit. Et Discovery Kids, à plus petite dose, c’est bien aussi.
Bref.

En ce qui nous concerne, nous les grands, nous avons tenu bon. Fermes sur le principe éducatif et la force de l’exemple, nom de nom.
Et c’est donc la rétine vierge mais le temps de cerveau disponible affamé que nous nous sommes de nouveau confrontés au petit écran français. Après tout, on vit encore à l’appart hôtel, et cette zone de "no man’s land" permet quelques exceptions, question règles. Ou comme diraient mes beaux-parents (haut-marnais dans le texte), "on a bieeeeeeeeeeeen le droit".
Qu’y avait-il donc de bon et de nouveau à l’écran en France ?
Et que trouve t-on sur les six chaînes plus la TNT ?

Déjà, ce qui est nouveau, c’est que certaines chaînes vous mettent une ébauche de logo toutes les deux pubs, dans l’espoir que les enfoirés qui n’auraient pas l’intention de payer leur écot cathodique via l’absorption de leur dose quotidienne de réclame, et qui jetteraient un œil depuis leur pause café, se ramènent fissa plus tôt que prévu. Les sournois !

Autour des espaces pubs, sinon, nous avons pu nous régaler en version longue ou sagement écourtée : d’un best of des Inconnus avec une Laurence Boccolini très en formes, de la télé réalité en veux tu en voilà, dont une télé réalité de la télé réalité avec le come back de Loana, également très en formes.
De l’École des fans ! Si ! Avec la musique d’origine et un Philippe Risoli qui lui aussi a abusé du sur-poids mais dans le but louable de ressembler encore plus à Jacques Martin, puisqu’il a déjà copié toutes ses mimiques.
Beaucoup de vieux Bébel et un certain nombre de Louis de Funès, je ne me plains pas, je suis fan. Mais vous avouerez que ce n’est pas de la dernière fraîcheur.
Des docus fiction, docus réalité ou tout autre néo-reportage qui permette de mettre un micro sous le nez d’un "vrai gens" (à opposer au people fabriqué).
Le festival de Montreux en rediffusion. Deux fois. Je ne me plains pas non plus, j’y ai découvert l’excellent Suisse Gaspard Proust et ses répliques à l’acide sulfurique qui mériteraient de devenir culte, si elles ne le sont déjà (je débarque).
Sur Nicolas Sarkozy, par exemple : "Pour une fois que les français ont choisi un président qui leur ressemble. Un beauf à gourmette avec une pute à franges". Sur l’Amour : "J’ai jamais eu de problème avec les femmes, j’ai toujours eu l’intelligence de les considérer comme des objets.". Et sur lui-même : "Je suis un cartésien désabusé. Je pense, donc je suis mais j’m’en fous." J’adore.

Et sinon ?
Des téléfilms ringards, certains pas tout récents, avec le grand retour de la Gendarmette, alias Corinne Touzet, c’est normal, on a déjà De Funès, et la rediffusion de rediffusion de séries américaines (mais pas NCIS, un comble).

Pour résumer, on a été un poil déçu, question retour à la mère télé.
J’en suis même venue à apprécier Arte !
Arte ! La chaîne intello-allemande spécialiste des poilus mais sans jamais vous faire poiler !
Il ne nous reste donc plus qu’à aller du côté de Canal Sat ou au ciné : encore un complot médiatique pour nous faire banquer.

Heureusement que j’ai, comme tout le monde – j’espère ! -, ma part honteuse de mauvais goût, voire ma part jouissive de goût de chiottes, celle qui vous permet de supporter les heures de bigoudi chez le coiffeur, parce que vous pouvez enfin lire Gala.
Et ma part de mauvais goût cathodique à moi, elle s’appelle le Bachelor. Vous vous souvenez du Bachelor ? Le gars en smok’ qui te larguait sans même une fleur ?

En version 2011, avec le retour aux sources et au bio, cela devient "L’amour est dans le pré" : quatorze cultos qui cherchent l’âme sœur, voire une épouse pour les aider à traire le bovidé.

"L’amour est dans le pré", de l’Amour, des pâturages, du pâté, du suspense, des vaches, des vacheries (certaines candidates font pas l’erreur de confondre avec "La Petite Maison dans la Prairie"…), des combats de coq, un Breton qui aime le biniou, une Suissesse qui aime le Breton qui aime le biniou, plein de Français (notez le distinguo, j’ai une mère indépendantiste), et beaucoup de melons.

"L’amour est dans le pré", tous les lundis à 20h45 sur M6.
Je recommande vachement.

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