le manipulateur est un déséquilibré

C’est ma conviction qu’on a un certain nombre de voix intérieures : la voix du cœur, la voix de la conscience, la voix de l’égo, la voix de l’intelligence, la voix de l’intuition et la voix de la personnalité ou de l’âme.
Ce n’est pas, en l’occurrence, Napoléon qui nous parle, mais différentes parts de nous qui s’expriment en nous.

Une personne négative, suite à une enfance ou un évènement traumatique, ou entraîné par son arrogance, se coupe de sa conscience et du meilleur des émotions attribuées traditionnellement au cœur : amour, empathie, compassion, passion, enthousiasme. Il devient un être dominé par trois voix : l’égo, l’intelligence et l’intuition.
Et sa personnalité est réduite à peau de chagrin.

Il est de facto déséquilibré

Mais cela ne se voit pas nécessairement.
Car il y a deux cas de figure généraux…

Parfois, comme en Corée du Nord ou au Turkménistan, le manipulateur n’a pas besoin de faire semblant, ou plutôt, en l’absence d’intelligence suffisante, considère qu’il n’a pas besoin de faire semblant, et on constate de visu, le déséquilibre.

Le cher autocrate du Turkménistan soulève ainsi sans aucune honte ce qui ressemble à s’y méprendre à une barre dorée de rideau de douche sous les applaudissements de sa clique.
Le leader adoré et joufflu de Corée du Nord regarde d’interminables défilés de ses citoyens sautillants en rythme ou se pavane avec difficulté sur un cheval à caparaçon au milieu de la neige, pour un moment évalué comme épique, légendaire et prophétique.
Et même Poutine, qui est très certainement un psychopathe de grande intelligence, n’a pas pu résister au plaisir ridiculement narcissique, pour un dirigeant, de faire prendre des photos lui, torse nu sur un cheval, en train de bronzer ou en train de sortir d’un trou d’eau glacé. Et ses belles joues rondes et lissent me laissent supposer également l’usage de produits esthétiques sous-cutanés.

Car le manipulateur, avec son immaturité émotionnelle d’un enfant gâté de six ans, vit dans une réalité alternative.
Il peut faire absolument n’importe quoi et son ego continuera de lui souffler qu’il est sublime, génial, incroyable, immortel, hallucinant.

Mais plus généralement, le manipulateur a besoin, notamment en pays démocratique, de faire semblant pour se conformer aux attentes de la majorité de la population, qui est, elle, positive.
Ou, dans le cas de certains dictateurs psychopathes, il a besoin de se conformer aux attentes de la majorité des autres pays, plus positifs.

Et la nécessité de faire semblant l’oblige à avoir un comportement acceptable.

Dans l’hypothèse où le manipulateur a besoin de cacher la réalité de son déséquilibre, il ne le peut qu’avec ces deux ratios.

Le premier est le ratio intelligence / ego.
Si l’intelligence reste supérieure à l’égo, le manipulateur saura analyser comment son attitude pourra être perçue et comment garder le masque en place.
Il y aura peu de dérapages incontrôlés.

Mais au fur et à mesure du temps, l’égo va enfler, c’est une pente fatale, et risque de faire perdre au manipulateur tout retour sur lui-même.
L’égo est là pour protéger la personne de toute auto-perception négative, pour renforcer son sentiment de toute puissance, comme une immense armure.
Et quand sa présence finit par étouffer la voix de l’intelligence, le manipulateur se croit autorisé à être plus visiblement lui-même. Au détriment de ce qui est socialement accepté et de son masque.
Le déséquilibre interne devient alors plus prononcé et visible.

Le deuxième facteur est lié aux émotions.
Car le manipulateur s’est coupé de la presque totalité de ses émotions positives et d’un grand nombre de peurs et de doutes. Il tourne essentiellement autour du plaisir narcissique et de la colère.
Et là, on est parti sur le ratio plaisir narcissique / colère.

Si le plaisir narcissique est suffisamment grand, la colère, toujours présente, ne se transformera pas en rage.
C’est ce qui permet à un grand nombre de personnes de pouvoirs et de personnes célèbres de permettre normaux : ils ont leur dose suffisante de carburant, de pouvoir et d’admiration.
En revanche, si le manipulateur n’a pas sa dose de plaisir narcissique, et c’est notamment de plus en plus vrai à mesure qu’il vieillit et qu’il est confronté à l’amertume, la colère grandit et devient de la rage et de la haine.
Des crises de rage visibles qui, là encore, mettent le déséquilibre en relief.

Aux États-Unis, on a l’horrible exemple, actuellement, d’une situation qui donne aux manipulateurs le sentiment qu’ils peuvent enfin se montrer au grand jour. Situation qui est de plus couplée aux deux rations qui ont viré à l’aigre.
Ils se sentent libres de ne plus faire semblant car ils se sentent en force et sont encouragés par leur président.
Leur ego est clairement plus présent que leur intelligence.
Et, en l’absence de succès dans leur vie, leur haine déborde, qui cherche une cible.

Cette Amérique là couvait déjà, avant.
Mais Trump lui a permis de se montrer.

Mettant en relief, au passage, le déséquilibre du profil négatif.
Qui ne peut profiter de son ambition démesurée, de son avidité et de son absence de conscience que lorsqu’il y a suffisamment de personnes positives, loyales, solidaires, concernées, responsables, consciencieuses… pour maintenir un pays à flot.

Libres d’être eux-mêmes et trop nombreux, les manipulateurs, ces malades mentaux et émotionnels, peuvent couler un pays.

Et j’espère qu’il y aura aux États-Unis, suffisamment de résistants pour éviter le sort que des générations successives d’empereurs psychopathes auront fait subir à la république de Rome.

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