Philosophie de ménagère à propos de mégaupload 2

Je suis très en retard sur mes publications.
En fait, ce qui me prend du temps, sur ce blog, ce n’est pas tant d’écrire (un truc que je dois avoir dans le sang) mais de me relire, de peaufiner, de « ciseler », de trouver une idée de photo, de prendre la photo,…
Et donc, en dépit du Jules qui râle que je n’écris pas assez de trucs drôles en ce moment, je vais quand même mettre en ligne ici, la suite de l’article déjà publié là.

Parce que ce qui me frappe un peu au sujet de l’affaire Megaupload, c’est qu’un pays fait arrêter un gus dans un autre pays, mettant la main au passage sur des tonnes de données parfaitement légales pour la plupart, appartenant aux ressortissants de tas d’autres contrées.
Au delà de toutes les justifications légales et économiques, il y a là un précédent d’intervention d’un pays sur le web qui me donne deux ou trois frissons.

D’autant que ça fait déjà un certain temps que la « american way of thinking » me donne un peu du fil à retordre sur le plan de la morale.
Cette « wonderful american way of thinking », qui fait dire à tout américain, souvent à travers ses films, qu’il est le « good guy ». Le bon gars. Le gentil cow-boy, n’en déplaise aux indiens.
Et que quand on est le bon, on a le droit de faire à peu près ce qu’on veut pour éradiquer le méchant.

Aigle

L’aigle du copyright américain n’a pas l’air de plaisanter…

On a le droit de détruire les forêts vietnamiennes au napalm, de ruiner via Monsanto – ex pourvoyeur du fameux napalm si ma mémoire est bonne – et ses merveilleuses graines transgéniques, les paysans indiens et possiblement l’écosystème, d’entraîner de terroristes (oui, mais pour taper sur les méchants et c’est pas leur faute si le terroriste, il change subitement de camp), de frayer avec les cartels de la drogue (oui, mais c’est pour payer des bonnes causes), de déclarer des guerres sous de faux prétextes, d’enlever des gens dans le monde entier en avion privé (c’est pour faire plus court et éviter les prises de tête au bon peuple), de fonder une prison hors sol US, véritable insulte aux droits de l’homme (c’est pour torturer des pas gentils),…

Et je m’arrête là sur ma liste qui n’a d’utilité que pour évoquer l’hypothèse qu’un pays qui se pose en justicier mondial devrait avoir les valeurs morales un peu plus nettes.

Pourtant on les aimait bien, avant, les Ricains !
C’est quand même eux qui sont venus nous sauver des Allemands il n’y a pas si longtemps, à une époque où il était prévu qu’on en prenne pour mille ans. Et quand j’y pense, c’est d’ailleurs peut-être à ce moment qu’on peut fixer un tournant dans la psychologie US.
Parce que sauver le monde libre occidental, ça a de quoi monter à la tête d’un gars simple, et lui donner le sentiment que quoi qu’il fasse, il serait toujours du côté du bien.

Mais le coup de tout s’autoriser sous le prétexte qu’on est gentil, me fait furieusement penser à l’adage « la fin justifie les moyens », qui est, si ma culture de ménagère ne me fait pas défaut, un résumé audacieux de la philosophie étayée dans « Le Prince » de Machiavel (droits d’auteur maintenant publics, puisque chacun sait que le droit d’auteur vieillit exactement à la même vitesse que Mickey).
Et que Machiavel a beaucoup inspiré César Borgia…
Qui, pour être juste, aurait été, paraît-il, très apprécié par les populations de l’époque et considéré depuis comme visionnaire sur le thème d’une Italie unifiée.
L’Histoire tranchera donc sur l’héritage américain.

Mais bon, pas rancunière, comme j’écoute en ce moment un disque (légalement acheté, je tiens à le préciser), des « tubes télé des années 80 » (Capitaine Flam mon amour !), je vous mets ici les paroles de la BO de Tom Sawyer pour vous détendre après un post politique possiblement barbant.
Je ne vous mets pas de lien vers un clip Youtube, des fois que le gars qui l’aurait mis en ligne l’aurait fait sans en avoir l’autorisation.
Déjà que je ne sais même pas si j’ai le droit de vous mettre les paroles sans avoir payé quelque chose à quelqu’un (Bernard Minet?).
Nul n’est sensé ignorer la loi, mais il faut quand même avouer que c’était plus facile à pratiquer du temps de Moïse et de ses dix commandements…

« Tom Sawyer, c’est l’Amérique,
le symbole de la liberté.
Il est né sur les bords du fleuve Mississipi.
Tom Sawyer, c’est pour nous tous un ami.

Il est toujours prêt pour tenter l’aventure,
avec ses bons copains.
Il n’a peur de rien, c’est un Américain.
Il aime l’école,
Surtout quand elle est loin !

Tom Sawyer, c’est l’Amérique, le symbole de la liberté.
Il est né sur les bords du fleuve Mississipi.
Tom Sawyer, c’est pour nous tous un ami.

Tom Sawyer, c’est l’Amérique
pour tous ceux qui aiment la vérité.
Il connaît les merveilles qui sont dans la forêt… »
Et qui n’ont pas été génétiquement modifiées. (ndlr)

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