Philosophie de ménagère à propos de Mégaupload. Partie 1

Pour continuer un tout petit peu ce qui ne sera sûrement qu’une brève incursion dans le monde de la politique, et avant de vous parler d’un sujet autrement passionnant (mon chat), j’aimerais donner mon point de vue campagnard – hautement attendu –, sur… Megaupload.

Parce que je surfe pas mal sur le sujet depuis l’arrestation de son fondateur allemand (ach ! nicht gut !) et que je me suis donc fait ma petite opinion à moi.

Non sur la légalité ou la légitimité d’un tel site.
Megaupload, en offrant la possibilité de mettre en ligne des fichiers informatiques, permettait effectivement de stocker son matos à soi sans que quiconque puisse y retrouver à redire, mais aussi de télécharger des fichiers mis en commun, ce qui, via le téléchargement d’œuvre cinématographiques et le non paiement de droits d’auteur y afférant, aurait un peu énervé le cinéma US.
Et on n’énerve pas impunément un cinéma qui a inventé Rambo.

Megaupload

Ce qu’on peut voir actuellement sur le site Megaupload : ça fait peur et c’est sans doute fait exprès !

Et j’ai donc lu ici qu’il est logique de mettre en prison le marchand qui propose à la vente dans sa boutique des pommes mais aussi de la drogue. En plus, Blanche-Neige vous le dirait, il faut se méfier des pommes, surtout quand elles sont bien rouges.
Et j’ai lu là que si on devait prohiber les choses pour l’usage possiblement néfaste qu’on pourrait en faire, on interdirait les voitures (certaines personnes vont trop vite avec) ou le papier à tabac (il paraît qu’on peut y rouler autre chose que du basilic).

Et à propos de « prohiber », je trouve assez ironique de noter que les États-Unis n’ont pas retenu les leçon de la dernière fois où ils ont voulu moraliser tout un marché, à la base plutôt inoffensif. Je fais bien entendu référence à l’alcool et à l’époque de la prohibition. Le résultat n’ayant pas été d’empêcher les gens de boire, mais de permettre la floraison de la pègre et d’Al Capone. L’occasion, ceci dit, par la suite, de faire de bien jolis films…
La France, en son temps, avec sa taxe sur le sel avait aussi créé les faux-sauniers mais on peut dire qu’il y a maintenant prescription.
En bref, j’espère que l’arrestation du président de Megaupload, qui pour l’instant ne me paraît pas être une personne trop dangereuse, ne va pas ouvrir la voie à des vrais méchants que la police n’effraie pas. Même dotée d’un logo avec un aigle.

Et pour continuer sur le thème, je précise que je ne vais pas non plus polémiquer ici sur la possible méchanceté des gens qui vont télécharger gratuitement, au mépris flagrant de la dîme que l’on doit à l’art.
Mais je pense bêtement, comme je l’ai lu du reste ailleurs, que si les grandes compagnies US faisaient un Megaupload légal en prenant leur part sur ce que l’on paie au fournisseurs d’internet en fonction des téléchargements sur ce site, ils éviteraient les ennuis, les procès et les cheveux blancs. Et récupéreraient plus facilement les voitures et les villas qu’on nous a montrées sans fin ces derniers jours sur le web. Les gens, en général, n’ont pas forcément envie de nuire, ils préfèrent juste qu’on ne les prenne pas pour des pigeons.
Surtout les Français. Et notablement les Parisiens.

Et quand je vois qu’on peut louer légalement un DVD en ligne sur le site d’Allociné (par ailleurs un site excellent et que j’adore) pour cinq euros et la durée limitée de quarante huit heures, j’ai tendance à trouver ça un peu excessif, compte tenu que c’est un achat essentiellement virtuel. Les frais fixes à couvrir ne doivent pas être excessifs… Pour moins de la moitié, il y a quelques années, on louait nos DVD à l’ancienne, Porte de la Chapelle, et le gars, qui n’avait pas accès à un public aussi large que celui que permet internet, devait de surcroît payer son local et un employé. Y aurait-il eu une inflation à la mode argentine en France pendant ces trois dernières années ?

En fait, le rapport qualité/prix, je serais une major, que je commencerais à m’y pencher.
Et je suis sûre que plein de gens seraient prêts à payer une somme raisonnable pour télécharger leurs films dans une meilleure qualité que celle qu’ils obtenaient « en piratant ». Les mêmes personnes, au hasard, qui payaient Megaupload pour télécharger en illimité…

En bref, arrêtez de nous prendre tous pour des vaches à lait ou des voleurs et respectez un peu nos intelligences et nos portes-monnaie !
Déjà que les fabricants de matos audio et vidéo nous font raquer régulièrement depuis vingt-cinq ans pour acheter des magnétoscopes, des cassettes vidéo, puis des lecteurs CD, des lecteurs DVD, des CDs, des DVDs et maintenant les ipods, les mp3, le blueray, la 3D…
Et je vais à peine évoquer les produits dérivés, absolument incontournables quand on a des enfants et qu’on veut éviter les récriminations. Mais nous, à la maison, on a du Cars (c), du Raiponce (c) et du Fée Clochette (c), en veux-tu, en voilà.
Et tiens, à propos de Raiponce et Fée Clochette, à qui les droits du copyright maintenant que j’y pense ? Il s’agit tout de même là de deux personnages qui appartiennent à priori au patrimoine européen. J’imagine qu’ils devaient être trop vieux pour être protégés du pillage… N’allez pas croire que je me plaigne, je suis une fan absolue des versions Disney.

Mais pour revenir au problème qui m’occupe, je ne vois pas non plus pourquoi en France, on n’a pas tout simplement instauré la licence globale quand il en était question.
Et quand j’apprends que sur les cinquante millions de visiteurs quotidiens, quinze millions sont des Français (presque un tiers des connections du jour !), je me dis que je ne serais sans doute pas la seule dans l’hexagone à penser comme cela.
Quinze millions ! Un français sur quatre. Et je ne vous parle même pas de la proportion qu’on obtiendrait si on excluait les moins de dix huit ans qui n’ont pas le droit de vote et les femmes qui sont prêtes à voter pour un mec qui a fait guiliguili à son fils mais je serais un politique de chez nous, je prendrais cette stat avec moins de légèreté que notre cher président, époux, ceci dit, d’une chanteuse, et qui sait de quel côté est beurrée sa tartine.
Au moins, voilà un homme qui sait défendre les droits – fussent-ils d’auteur – de sa femme.

Et à propos de protection des droits d’auteur, je tiens à rassurer nos musiciens français qui jouiraient de moins d’influence politique : la Sacem est une organisation qui n’a rien à envier au FBI, question efficacité.
Je me souviens, quand j’ai monté ma première boîte de mode, le premier courrier que j’ai reçu, le tout premier, le lendemain même du dépôt des statuts, venait de cette noble et vigilante institution. Pour me rappeler que les musiques que je pourrais éventuellement utiliser pour mes futurs défilés étaient d’ores et déjà protégées. Même en extrait.
Mon tout premier courrier légal ! Pas les impôts, ni la TVA, ni l’URSSAF !
La Sacem.
Tout un poème…

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