Je ne suis pas très catholique

Mais je l’ai été.
Et pas qu’un peu.
Vers 7 ans, à l’âge sensément de raison, celui où les petites filles rêvent d’être coiffeuses, moi je rêvais d’être un martyre chrétien bouffé par un lion.

Lion, Smudge 9000 (cc) http://www.flickr.com/photos/smudge9000/457797855/

Je rêvais aussi d’être coiffeuse, avouons le.
Mais mon ingrate de sœur, sur laquelle j’avais testé mon talent en herbe, n’a pas été aussi convaincue que moi par ma précoce vocation.
Je lui avais pourtant concocté une coiffure d’avant garde qu’elle est allée le plus rapidement possible saccager chez un coiffeur moins créatif que moi.
Me restaient donc l’arène et les fauves.
Adieu Carita, bonjour Blandine.

Pour le cas, toujours envisageable – l’espoir faisant vivre – où un nouveau Néron remettrait au goût du jour les petits pains et le cirque, je me suis préparée avec soin : je suis régulièrement allée au catéchisme (à l’heure pourtant bénie de la série « Fame »), j’ai réalisé ma première communion (après des années à baver en vain devant l’hostie), et j’ai traversé pour finir la communion solennelle et la confirmation.
J’ai même écrit et déclamé, pour les confirmés de l’année suivant la mienne, un petit discours très émouvant qui a eu l’heur de plaire à l’évêque présent ce jour là, et qui a été publié dans le bulletin paroissial. Je connaissais déjà Monseigneur Georges pour l’avoir interviewé pour le journal de l’école…
Une grenouille de bénitier incurable, je vous dis.

A la sortie de mon École de Commerce, j’ai donc légitimement hésité entre deux formations complémentaires : l’École Supérieure de Marketing du Luxe et le Couvent des Bénédictines.
Un voyage en Italie avec deux copines, la découverte de la mozzarella et de la Vénus de Botticelli en vrai auront fait balancer mon choix du côté de la formation Cartier.
Tout juste.
Parce que contrairement à Elizabeth Gilbert, je n’ai pas pu passer sans sas de décompression de la Pasta à la Prière.

Il faut dire que j’avais commencé à parler au curé de ma paroisse de la possibilité de la réincarnation (ben oui, pourquoi pas ?) et posé des questions toutes simples auxquelles je l’avais trouvé bien en peine de me donner des réponses satisfaisantes.
Un truc tout con, par exemple : si dans la Bible, il est écrit « aimez vous les uns les autres » et « croissez et multipliez », pourquoi est-il si important que Marie soit Vierge ? Et qu’un certain nombre de prêtres arrivent à l’être (si, si, il paraît qu’il y en a) ?
Ne serait-ce pas une façon implicite de nous déprécier, nous autres qui nous en tenons bêtement à l’ordre initial et n’arrivons pas à produire des enfants à travers l’hymen ?
Ce qui, au passage, me fait penser à mon jules, qui, quand je doute de l’efficacité du préservatif – vade retro ! – me répond qu’un bébé conçu en dépit de la capote, on pourrait tout de suite l’appeler MacGyver.
Et à mon père gynéco qui en son temps a refait deux-trois hymens pour de charmantes personnes d’une autre religion (que je ne citerai pas pour ne pas devenir orpheline précocement, chaque religion ayant ses périodes d’intolérance à la critique…). Mais je doute que la technique ait été accessible en l’an 0.

J’en ai un tas des petites questions comme ça. Je les liste pas, je ne voudrais pas paraître irrespectueuse en public.

Et je vais survoler mes découvertes ultérieures comme quoi les catholiques se sont pas mal inspiré des romains (pour l’alliance notamment, les romains croyant qu’il y avait un nerf qui reliait l’annulaire au cœur : troooooooop mignoooooooon) ou des égyptiens (la trinité Isis/Osiris/Horus, et les amulettes de saints qui ont avantageusement remplacé celles de déités mineures pour protéger du Mal ou des cors aux pieds) ou des grecs ou de quoi que ce soit qui leur ait permis de s’implanter plus facilement (et zou, le solstice d’hiver des druides qui a bien collé pour Noël).
Avant d’être rigide, il faut le savoir, le catholique était pragmatique.

Alors vous me direz : tout ça, ce sont des détails, on va pas s’arrêter à ça.
Oui mais ce sont justement pour des détails comme ça que dans l’amour de leur prochain, les catholiques ont d’abord commencé par le griller.
La transsubstantiation, par exemple.
Qui parle encore de la transsubstantiation de nos jours ?
Techniquement, c’est un mot qui veut dire que les prêtres voulaient nous faire croire que le vin se transformait vraiment en sang pendant la messe (tout en conservant ses caractéristiques physiques, allez vous y retrouver…).
Et que le pauvre gugus qui s’obstinait à penser qu’il buvait bien du pinard avant sérieusement intérêt à se la fermer s’il voulait pouvoir continuer à le siroter un peu plus longtemps.

Sérieusement, j’ai la Foi et j’aime encore les Églises pour leur ambiance de paix et de recueillement.
Je respecte terriblement les Chrétiens qui s’en tiennent à l’esprit, sinon à la lettre, de leur Enseignement.
Et Jésus, si vous me permettez, il punissait grave sa maman : les Marx, Mao ou autres Guevara d’après peuvent tous aller se recoucher. N’en déplaise à mon crypto-communiste de mari.

Mais je ne suis plus très Catholique.
Ça va décevoir un ou deux lions…

8 réponses sur “ Je ne suis pas très catholique ”
  1. Hey, faut pas que je donne l’adresse de ton blog au curé qui va baptiser nos enfants en juin… ce ferait un peu tâche ;o))

  2. en tant que Parpaillote de base… je considerai à 7/8 ans que les catho étaient des vampires mélés d’antropophages…. :-))))

  3. en tant que Parpaillote de base… je considerai à 7/8 ans que les catho étaient des vampires mélés d’antropophages…. :-))))

  4. @domdom : heureusement que nous ne nous sommes pas connues à l’âge de la récré, on se serait sûrement tiré les couettes ! 😀

  5. Merci Fred,
    Je rentre d’un mois en France (je t’épargne les details : coincés a Roissy pendant 9h puis finalement arrives à Tlse par bus de nuit : si,si une nuit d’avion en eco et une nuit de bus : qui dit mieux ? si on continue sur la lancée, on enchaine avec les bagages livrés 9 jours plus tard… oui madame, les cadeaux de Noel en quarantaine sur le tamarck de Roissy, sans compter les 5 kg de viande… que nous avons manges le 31 : ben quoi je n’ai pas decide d’arreter la viande MOA madame ;-). J’avouerai que, exceptionnellement, nous avons fait cuire ladite viande un peu plus que de coutume… bref je ne suis pas la pour raconter mes vacances (j’allais oublier la bronchite alors que nous etions 10 à la maison (c’est mon prince charmant à moi qui a assure comme une bete sur ce coup là : chauffeur, chef, rangements…), la neige a canon pourrie sur 8 pistes sur 35, le marathon parisien pour emmagasiner un max d’amitie en un temps record, la joie de decouvrir Une banale histoire de tchekhov jouee par JP Darroussin au theatre de l’Atelier que j’affectionne particulierement, sans compter le petit film français à voir absolument avant de quitter la France : Le nom des gens : drôle à souhait ! Et pour finir, THE cerise sur le gateau : 2 petits jours à Rome à arpenter les rues, à se perdre (ben oui on croyait decouvrir la place du peuple et on se retrouve face au vatican : j’en ai conclu à une intervention divine….
    Ahhhhh mais c’est qu’on y arrive !!! Figure toi que moi, je voulais etre soeur dans un hopital (moins ambitieuse que toi quand meme…) et que paf moi aussi l’Eveque il avait bien aime mes reflexions lors de la retraite de confirmation et m’avait qualifiée de future theologienne : oh oh !!
    Fred, on a une tonne de points en commun on dirait ? eh, heu ça craint un peu non ? Heureusement qu’on ne se voit pas beaucoup… nos nevroses s’entrechoqueraient tu crois ? Pour l’avion zero risque à ce jour : j’adore ça … Bon je m’ecroule… c’est pas tout ça, je suis une petite vieille avec mon decalage horaire… et pourtant super en retard ds la lecture de lila et le loup, j’ai brave le passage du train sommeil pour me repaitre de tes posts :-). Merci madame ! Continuez vous le valez bien !
    Je signale aux vaillants lecteurs de ce commentaire interminable que je suis l’Isabelle, soit disant diplomate, quemandant, suppliant votre copine, soeur ou fille, bref la chef de Lila et le loup de bien vouloir nous gratifier d’une chronique pour notre chere revue Buena Onda…
    A bientot…

  6. @IAG : Une âme soeur !
    J’ai encore quelques rêves néo-cathos, que je n’ai pas encore réalisés et dont on parle quand tu veux : retraite en couvent d’une semaine, ou réflexion sur la petitesse du moi dans le désert (La Rochefoucauld et tout ça) et pour finir rando sur le chemin de St Jacques de Compostelle (préférence pour la voie du Puy). Entrechoquons nos névroses ! Rrrrrrrrrrrrrr.
    Pour finir, je tiens à préciser que la majorité de mon – immense – lectorat n’est pas constitué par la famille ou les amis.
    Non Môdame.
    J’ai même UN lecteur au Maroc, dixit Google stats. 🙂

  7. Croire en Dieu quand on est enfant, c’est pas choquant. C’est quand on continue quand est adulte que ca se corse ! Réflexion objective et dogme religieux ne sont pas très compatible.

  8. @Benoît17 : en ce qui me concerne, je fais une stricte différence entre Dieu et le dogme religieux.

    A mes yeux, Dieu n’est pas toujours aussi bien servi qu’il le mérite !

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