Albert Uderzo et mon grand-père

Apparemment, chacun et tout le monde a ses raisons de trouver sa propre famille insupportable.

En Argentine, dans la communauté expatriée, la statistique ne me paraissait pas étonnante : mettre quatorze mille kilomètres entre la mère patrie et soi, c’est encore la façon la plus sûre, la plus déterminée et la plus visible de garder ses « proches » à distance.
Mais mes amis français en France ont, semble t-il, dans leur immense totalité, le même fardeau familial à se colleter. À deux ou trois nuances près.

À croire qu’il n’y ait dans ce bas monde que Vanessa Paradis, si j’en crois mes souvenirs de ses interviews, pour s’estimer heureux de sa parentèle.
Et à en juger d’après le mari que Madame Depp s’est dégotté, il y en a vraiment que le karma favorise…

Famille playmo

Famille traditionnelle française, avec son quota d’Argentins (ceux qui ont du soleil et sont plus bronzés), de pilotes d’avion (je les adoooooore, surtout quand je leur dis au-revoir) et de sorcières des mers (au fond à gauche). Ceci est définitivement un blog à petit budget.

Personnellement, je vis un peu ma famille comme j’imagine que d’autres doivent affronter la drogue dure : à chaque retour de « bad trip », je me promets que cette fois-ci on ne m’y reprendra plus et je songe plus fortement à la cure de désintoxication.
Mais bernique, bonne fille, je replonge, j’espère, j’y crois,…
et me retrouve à nouveau confrontée à une belle bande d’ingrats.
Cette fois-ci, c’est promis, on ne m’y reprendra pas.

(bientôt le post en alexandrins classiques. Comment ! Vous n’avez pas remarqué ma jolie rime ?)

C’est à se demander comment on garde suffisamment la foi pour se reproduire. Certes, sans évoquer le rôle pernicieux joué par nos systèmes hormonaux, il faut dire qu’avec les enfants, on peut au moins espérer attendre leur adolescence avant de s’en prendre plein la gueule.
Voire.
Quand ma fille de cinq ans, qui s’intéresse pourtant encore au monde des fées, parsème sa conversation de « c’est trop nuuuuuuuuuuuuuul » ou « c’est trop cooooooooooooooool », je me dis que mes jours sont comptés. Mon fils, quant à lui, réserve déjà l’exclusivité de son affection à son pingouin musical tout en paraissant me considérer comme la bonne de service. Un trait qu’il a, je le concède, en commun avec sa sœur, mais elle, au moins, partage plus équitablement son affection entre ses peluches et moi.

À leur décharge toutefois, il faut tout de même préciser qu’ils sont très loin de me causer les déceptions ou de me faire les remarques plus ou moins délibérément blessantes que me réserve le reste de ma famille.
Une des dernières en date ayant été le commentaire – oh combien constructif – de l’auteur involontaire de mes jours, qui m’a fait remarquer bienveillamment que ma maison était pourrie. Je tiens à noter au passage que c’est la même personne qui m’avait demandé en toute honnêteté, voire toute naïveté, plusieurs mois auparavant, pourquoi nous n’avions pas choisi, le Jules et moi, d’acheter le château de Wideville, celui qui appartient présentement à Monsieur Valentino.
Comme disait à peu près la pub sur les rillettes (admirable spécialité de la région où j’ai été élevée en semi-liberté non loin des poulets de Loué), nous n’avons visiblement pas, mon père et moi, la même notion des valeurs.

Mais voilà que je m’étale à l’envi sur mes déboires familiaux, et que ce qui avait vocation d’introduction sur la rencontre entre mon grand-père et le dessinateur d’Astérix, s’est transformé malgré moi en diatribe anti-famille.
J’aurais donc pu intituler ce post « famille je vous haime », si je n’avais découvert entre temps que cette formule, dont j’ai été si fière l’espace d’une minute, avait déjà été utilisée par Monsieur Métayer.

Je laisse donc le titre tel qu’il est et vous donne rendez vous pour très bientôt pour la suite sur monsieur Uderzo.
Et ça, en publicité, c’est ce qu’on appelle du teasing !

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