les signes pour reconnaître un manipulateur VII

[suite de l’article VI sur le même sujet]

28. il se voit comme un prédateur

Et je le vois toujours autrement…

Mais il n’a pas, ceci dit, complètement tort.
Il est là, dans l’ombre des taillis, à chasser l’empathe sans aucune conscience ni aucun remords pour le mal qu’il pourrait faire.
Il a besoin de bouffer de l’énergie ! Et c’est pour lui dans l’ordre de la nature qu’il y ait les forts qui chassent et les faibles qui sont chassés.

Or la loi de la nature et de la jungle sont des ennemis de la civilisation et du progrès.

Que les partis fondés exclusivement par des personnes de son espèce parlent toujours d’un retour en arrière, à des temps où il faisait bon vivre aux dépens des autres.
Avec sa mentalité d’homme des bois qui relègue le plus faible à une tombe précoce, il est un frein au progrès. Car le faible physiquement, ou celui qui n’est pas né dans le « bon » milieu, c’est aussi parfois le plus intelligent, l’inventeur, le créatif, le génie, le spirituel, le sage… celui qui va faire avancer l’humanité avec lui.

Et si l’on a réussi à sortir du Moyen-âge, c’est en dépit de lui.

Et ce n’est du reste pas une coïncidence si, depuis que le manipulateur remonte en puissance, ces trente dernières années, on revient au bon vieux temps du servage économique et de la pandémie.

Les manipulateurs au pouvoir, c’est le retour en masse de la corruption, de l’incompétence, d’un sentiment de privilège, de la magouille, de l’exploitation des autres…

Le manipulateur nous voit comme des proies et nous sous-estime toujours,sous-estime le courage et l’abnégation de ceux qui luttent pour une cause plus grande qu’eux ou se battent pour ceux qu’ils aiment.

Ce qui différencie le manipulateur du prédateur, en revanche, c’est qu’il préfère rester dans l’ombre quand les codes sociaux ne lui sont pas favorables. En Corée du Nord et autre Chine, j’imagine que c’est la fête du slip.
Mais si je ne me trompe pas sur les évolutions du monde, son camouflage ne saurait durer longtemps. Et c’est tant mieux, car si 100% des manipulateurs connaissent les règles de leur Jumanji, une très faible portion de personnes empathique se rend compte des forces en présence et des enjeux. En général, cette portion est constituée d’anciennes victimes.

Un peu facile, alors, de chasser quand l’antilope n’est absolument pas au courant des enjeux.

Une fois qu’on a appris à regarder, c’est en fait un jeu d’enfant, très souvent, de les identifier.
On se faisait justement cette réflexion, récemment, avec mon mari.
On regardait tous les deux une mère de famille au même moment. La haine se lisait très distinctement sur son visage, pour un empathique qui n’est pas instantanément enclin à trouver des excuses à un autre humain. Elle a vu qu’on la regardait et a remis le masque en place.
C’était tellement visible !

Le tigre, lui, ne cache pas ses rayures.

29. il a une tendance paranoïaque

Et oui, le pauvre, imaginez-vous ! On a tous tendance à calquer nos propres façons de penser sur les autres.
Ce qui nous rend, nous, les empathes, souvent désespérément naïfs, bambis sautant au soleil sous le tir croisé des carabines.
Mais le rend, lui, paranoïaque. L’autre veut le plumer, n’a aucune conscience, va le trahir, veut le tromper…

Le monde est rempli de méchants, il est bien placé pour le savoir, et notre manipulateur ne dort jamais que d’une oreille.

Parfois, cela le rend insomniaque.

30. il n’aime pas les règles imposées par la société

Les règles, c’est pour les faibles.

S’il peut les mépriser ou les violer, c’est bien. S’il peut les soumettre ou les changer, c’est mieux.

Trop souvent, dans notre monde actuel, il est obligé de faire semblant.
Et c’est fatigant.

31. il est avide et confond réussite et réussite sociale

Ben oui.
Pour lui tout n’est qu’apparences, pouvoir et pognon.
Ce qui est embêtant, c’est quand sa façon de penser devient la philosophie dominante. Et j’imagine qu’on entre dans ce cercle vicieux culturel au delà d’un certain seuil, au delà d’une trop grande proportion de manipulateurs au pouvoir, dans les entreprises ou en politique.

Le manipulateur va changer les mentalités pour favoriser la sienne, ce qui facilite la montée sur l’échelle sociale des manipulateurs, qui aggravent la mentalité…

Depuis dix ans, j’ai le sentiment que le monde est dans une spirale de plus en plus rapide.
Et je crains qu’il ne faille qu’on touche le fond du bassin avant de remonter.

Cette mentalité de daube, devenue dominante, contribue à ce que les bonnes personnes se sentent mal, peuvent se sentir défectueuses à être seulement un bon parent, ou un enseignant juste, ou un conjoint fidèle.
Confrontés encore et encore à une exposition bling bling sur les réseaux sociaux, superficielle ou carrément fausse, un bon nombre de personnes empathiques déprime.

Le manipulateur est avide. Son ego hypertrophié l’aiguillonne en permanence, lui souffle qu’il mérite toujours plus.
Et cela répond à cette question à laquelle, en bonne empathe naïve, je ne trouvais pas de réponse : pourquoi est-ce qu’un milliardaire choisirait de plaquer sa dixième piscine à l’or fin plutôt que d’augmenter les salaires ?

Parce qu’il le vaut bien. Et que les autres ne méritent rien de plus que le strict minimum.

Alors bien sûr, pour éviter que les pauvres ne se munissent de fourches et ne prennent d’assaut son bunker, il va s’adonner à la charité, élégante façon de discuter du bien des plus démunis autour des petits fours, tout en faisant des économies d’impôts.
Et le riche manipulateur préférera toujours ce mode de redistribution là, qui lui permet de contrôler où vont ses dons, de préférence dans des causes plus glamour et vendeuses que la réparation des routes, de se faire une image flatteuse de philanthrope et d’entretenir un système qui le favorise.
Parce qu’un bon système économique, dans une démocratie riche où chacun devrait payer sa juste part d’impôts et où les salaires devraient permettre de vivre, ne devrait pas avoir besoin de la charité.
Tout un débat.

Le vide intérieur du manipulateur, aussi, qui s’installe là où il y avait avant un cœur ou une conscience, est un tonneau des danaïdes qui le pousse à avoir toujours plus.

Le manipulateur, c’est Pac Man : il a toujours faim et n’est jamais rassasié.

Et tant pis si c’est au détriment de la planète. Car comme le disait cette charmante duchesse de Windsor : « on n’est jamais assez riche ».

32. diviser pour mieux régner

Il est un as de la triangulation, cet art qui consiste à utiliser un tiers dans la relation toxique qu’il a créée avec toi.
Il va utiliser cette autre personne contre toi, lui ayant raconté des bobards où il est la victime. Il va te faire comprendre que cette personne pense que tu as tort. Et te monter contre elle.

Sur son jeu d’échec, il est le roi ou la reine, et tout les autres sont des pions.

L’ego taille montgolfière du manipulateur est fragile et ça le rend lâche dans les situations de confrontation où l’adversaire n’est pas en situation de faiblesse et risque de se défendre.
Il préférera, dans cette hypothèse, envoyer quelqu’un d’autre au casse pipe.

Dans certains cas extrêmes, le manipulateur peut te couper de tes amis ou de ta famille. Il va alors déployer une stratégie de la forteresse, dans laquelle il enferme une seule victime en lui faisant croire qu’il faut se protéger en binôme d’un environnement hostile : c’est le toi et moi contre le reste du monde.
Enfermée dans sa tour, la victime est plus vulnérable que jamais auparavant.

À suivre…

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